Catalogue de la 17ème Biennale internationale de céramique, Couvent des Cordeliers Châteauroux du 8 juin au 1er sept 2013

Posted by on Juin 25, 2013 in NEWS, TEXTES |
Catalogue de la 17ème Biennale internationale de céramique, Couvent des Cordeliers Châteauroux du 8 juin au 1er sept 2013

LÉGENDES & ÉCRITS, MYTHES

Biennale internationale de céramique Châteauroux

du 8 juin au 1er sept 2013

Couvent des Cordeliers

Texte Stéphanie Le Follic-Hadida, Impressions Photo, Galerie Collection 2013,

Posted by on Juin 16, 2013 in NEWS, TEXTES |

Keen Souhlal a un parcours atypique. Après des études à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts à Paris (ENSBA), elle s’expatrie au Québec afin de suivre une formation en photographie (Concordia University, Montréal, Canada) pour ensuite explorer plus largement l’image. Elle poursuit aujourd’hui un CAP métiers du bois et marqueterie à l’École Boulle. Trois aspects de son travail actuel sont présentés : une photographie numérique montée sur châssis rasant de 170 x 130 cm intitulée Fûts droits, en regard d’un bois sans titre (2013) de 60 cm de long issu d’un arrachement et dont les éclats livrent la verticalité d’un paysage urbanisé, ainsi que trois interprétations de lames de scie, Silent noise (40 x 40 cm, 2013), procédant d’un placage bois (amarante, merisier et sycomore) sur médium et réalisées dans le cadre de ses études à l’Ecole Boulle.

Comme l’écrit à juste titre Damien Airault, son but est de « ré-enchanter le décor bien trop statique qui nous entoure ». Du côté de l’infra, elle libère un « tremblement, un état d’attente dynamique, un passage doux, un silence, une solubilité » des états et des matières. « Elle charge de conscience et de précaution des détails pris comme tels. »

1. Keen Souhlal, Sans titre 2012 Bois, dimensions variables © Keen Souhlal,

2. Keen Souhlal, Espace-Entre, 2009 110 cm x 130 cm, Photographies couleurs sur châssis rasants blancs épais © Keen Souhlal,

Stéphanie Le Follic-Hadida, commissaire

Avulsus-galerie-Collection-net

Texte du critique Damien Airault issu du catalogue du 57ème Salon de Montrouge

Posted by on Mai 2, 2012 in NEWS, TEXTES |

Keen Souhlal

« Je suis une humaniste, je veux toucher quelque chose d’universel ».
« Je recueille des changements d’états de la matière qui se logent dans notre environnement naturel. »

Le fait de recueillir n’est cependant pas le plus important. Faisant fi de tout dispositif contraignant, Keen Souhlal reste focalisée sur ses oeuvres et cherche à les figer dans des états transitoires : le moment où un matériau pourrait se disloquer, s’évaporer, où une image pourrait exister dans une sorte de demi-rêve, ou de demi-éveil. Son objectif, chose de plus en plus rare, est donc un travail finalisé, bien plus qu’un processus : montrer la plasticité et l’éphémérité, la solubilité, de la matière et des images et tenter d’en capter le magnétisme.

Dans les effets, sa photographie et ses sculptures semblent animées d’un léger tremblement, un état d’attente dynamique. C’est un passage doux, un silence. Peut-être que les objets et les matériaux n’aspirent, comme les personnages d’un conte, qu’à la venue d’un regard ou d’une main qui viendra leur redonner vie.
Dès lors, à y regarder de plus près, on devine d’étranges comportements, et on oscille entre apaisement et inquiétude : jeux de transparences et de couleurs, rayons de lumières, personnages, reflets, flashs dissimulés dans l’image, fragilité précieuse, sans que les œuvres n’apparaissent résulter d’un quelconque stratagème. Comme si les visions de Keen Souhlal étaient peuplées de fantômes bienveillants. Comme si chaque élément était par magie habité de sa vie propre. Et c’est cela que nous pouvons appeler le tremblement : la conséquence d’une autonomie donnée aux éléments constitutifs de l’image. Autrement dit, charger de conscience et de précaution chaque détail, pris comme tel.

Alors il ne faut pas rechercher les origines du travail de Keen Souhlal dans l’histoire de la sculpture figurative ou dans la photographie plasticienne, mais dans quelque chose de plus intérieur. Le but est de ré-enchanter le décor bien trop statique qui nous entoure, sans partir de repérages, laisser l’opportunité à chaque chose de nous surprendre et de respirer.

Le sommeil de la raison n’engendre pas que des monstres.

Damien Airault